Prédication de Tim Keller (après le 11 septembre 2001) traduite et adaptée par Daniel Szabo suite aux attentats de Nice 17-07-2016

Cette semaine, nous avons vécu une nouvelle tragédie. Je n’aime pas tellement ce mot, on l’emploie trop souvent à tort et à travers mais pour une fois je trouve qu’il n’est même pas assez fort. Ce n’est pas moi qui devais prêcher aujourd’hui mais suite à cet événement j’ai repensé à une prédication que j’ai entendue quelques jours après le 11 Septembre 2001. J’étais à New York ce jour-là et je suis allé à l’église avec des amis chrétiens que je venais de me faire, et ils m’ont amené dans l’église de Tim Keller et il a prêché un message frappant, de vérité, d’amour et de sagesse et j’ai décidé de le traduire pour vous ce matin et de l’adapter un peu. Ce message me parle, et j’espère qu’il vous parlera également. Mais avant de commencer je vais lire le passage de l’évangile qu’il a lu ce jour-là.

Jean 11:20-35 38-39 43-44 45-46 53

20 Quand Marthe apprit que Jésus approchait du village, elle alla à sa rencontre. Marie, elle, resta à la maison. 21 Marthe dit à Jésus:—Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. 22 Mais je sais que maintenant encore, tout ce que tu demanderas à Dieu, il te l’accordera. 23 —Ton frère reviendra à la vie, lui dit Jésus. 24 —Je sais bien, répondit Marthe, qu’il reviendra à la vie au dernier jour, lors de la résurrection des morts. 25 —Je suis la résurrection et la vie, lui dit Jésus. Celui qui place toute sa confiance en moi vivra, même s’il meurt. 26 Et tout homme qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela? 27 —Oui, Seigneur, lui répondit-elle, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui devait venir dans le monde. 28 Là-dessus, elle partit appeler sa sœur Marie, et, l’ayant prise à part, elle lui dit: —Le Maître est là, et il te demande. 29 A cette nouvelle, Marie se leva précipitamment et courut vers Jésus. 30 Il n’était pas encore entré dans le village: il était resté à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. 31 Ceux qui se trouvaient dans la maison avec Marie pour la consoler la virent se lever brusquement et sortir. Ils la suivirent, pensant qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. 32  Marie parvint à l’endroit où était Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit: —Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. 33 En la voyant pleurer, elle et ceux qui l’accompagnaient, Jésus fut profondément indigné[b] et ému. 34  —Où l’avez-vous enterré? demanda-t-il. —Viens, Seigneur, lui répondirent-ils, tu verras.35  Jésus pleura. 38 Une fois de plus, Jésus fut profondément bouleversé. Il arriva au tombeau. C’était une grotte dont l’entrée était fermée par une pierre. 39 —Enlevez la pierre, dit Jésus. 43 Cela dit, il cria d’une voix forte: —Lazare, sors de là! 44 Et voici que le mort sortit du tombeau: il avait les pieds et les mains entourés de bandes de lin, le visage recouvert d’un linge. Jésus dit à ceux qui étaient là: —Déliez-le de ces bandes et laissez-le aller! 45 En voyant ce que Jésus avait fait, beaucoup de ceux qui étaient venus auprès de Marie crurent en lui. 46 Quelques-uns, cependant, s’en allèrent trouver les pharisiens et leur rapportèrent ce que Jésus avait fait. 53 C’est ce jour-là que les chefs des Juifs prirent la décision de faire mourir Jésus.

Marie et Marthe ont le même problème que nous. Elles font face à une tragédie et elles se disent la même chose que nous peut-être : « Je ne comprends pas? Qu’est-ce qui s’est passé exactement? Où étais-tu Seigneur quand cela s’est passé? En d’autres termes elles se posent la question, pourquoi? Est-ce que vous vous posez cette même question? Et Jésus va répondre à ce questionnement avec 4 choses : la vérité, les larmes, la colère et la grâce. La vérité il la proclame à Marthe, les larmes il les laisse couler quand il voit Marie et les autres pleurer, la colère il la dirige vers le tombeau et vers la mort et la grâce il la dispense à tous.

Aujourd’hui, nous aussi nous avons besoin de ces quatre choses. Commençons par les larmes de Jésus. Au moment où il retrouve Marie, la première chose qu’elle fait après s’être jetée à ses pieds, elle lui fait un reproche, « si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Nous savons selon le récit que Jésus aurait pu venir plus tôt. En fait, ce qu’elle fait c’est qu’elle lui pose une question difficile, une question théologique : « Pourquoi n’étais-tu pas là quand on avait besoin de toi? » Et lui ne peut même pas répondre, il se met à pleurer, et tout ce qu’il arrive à dire c’est où l’avez-vous enterré ? Il est ému. C’est surprenant, vous ne trouvez pas? Vous voyez la différence entre Jésus est nous (d’accord il y en a plus d’une), mais la différence c’est que quand Jésus se trouve dans une situation pareille, il sait pourquoi cela s’est passé comme ça, et il sait comment il va pouvoir transformer cet événement en une manifestation visible de la gloire de Dieu. Il sait ce qu’il va faire. Il sait que dans une dizaine de minutes tout le monde va se réjouir puisque Lazare va revenir à la vie. Quand nous nous retrouvons dans une situation comme celle de Marthe et Marie ou comme celle dans laquelle nous nous trouvons après la tragédie de Nice, non seulement nous ne comprenons pas, mais en plus nous ne pouvons rien y faire alors que lui a le pouvoir de changer les choses et même de changer le mal en bien. Essayez d’imaginer, si vous aviez le pouvoir de changer les choses, si vous saviez que vous pouviez redonner la vie à toutes ces personnes, comme ça d’un claquement de doigt, est-ce que vous pleureriez? Non, on dirait plutôt ha ha attendez un instant, vous allez voir ce que vous allez voir. Mais non. Jésus pleure. Et vous savez pourquoi il pleure? Parce qu’il est parfait. Parce que son amour est parfait. Jésus n’est pas du genre à se fermer à être dur, même pas pour dix minutes. Il ne refuse pas la douleur, le chagrin, la désolation, il ne l’évite pas, il ne se dit pas ça ne sert à rien d’être triste, dans un instant tout ira bien. Alors en quoi est-ce que cela nous concerne? Qu’est-ce que cela nous enseigne? Eh bien deux choses. La première est très simple, il n’y a rien de mal à pleurer et à être abattu dans des moments comme cela. Certains chrétiens ont tendance à se dire, oui bon on connaît la vérité, on sait que toute action sera jugée par Dieu et qu’un jour nous serons au ciel avec lui, alors ce qui arrive sur terre finalement ce n’est pas si grave. Pourtant Jésus, dont on ne peut pas remettre en question la maturité et la sagesse, est attristé, il pleure. Pleurer n’est pas un signe d’immaturité ou de faiblesse ou un manque de confiance. Si on veut ressembler à Jésus on ne va pas éviter la douleur et le chagrin, on ne va pas s’empêcher de pleurer. Au contraire on va pleurer avec ceux sui souffrent. Ces larmes sont une preuve d’amour et de compassion. Moi aussi j’étais au feu d’artifice vendredi soir avec mes enfants et avec des amis et on a passé un super moment, dans la joie, les rires, et la beauté du feu d’artifice au-dessus de la rade de Brest au-dessus des voiliers illuminés. Je n’imagine même pas comment j’aurais réagi si ce qui s’est passé à Nice s’était passé à Brest, chez nous, avec nos enfants, nos amis. Nous avons le droit de pleurer. Nous devons pleurer. Nous ne pouvons pas rester insensible. Voilà la première chose qu’on peut apprendre des larmes de Jésus, il n’y a rien de mal à pleurer, au contraire c’est bien et c’est bon de pleurer.

Et la deuxième chose qu’on peut apprendre des larmes de Jésus, c’est que dans notre situation on se dit il faut qu’on règle ce problème, il faut qu’on trouve une solution pour que cela cesse quel que soit le problème. Nous avons besoin de trouver des solutions à nos problèmes, dans nos vies quotidiennes, et on a aussi besoin que nos dirigeants trouvent des solutions, et c’est normal, et c’est vrai. On a besoin que quelqu’un répare ce qui est cassé dans notre société, on a besoin de trouver une solution ou une réponse à l’islamisme radical, au terrorisme. Mais Jésus ne pense pas que cela est suffisant. Oui c’est vrai, c’est la vérité, mais la vérité ne suffit pas, il faut aussi des larmes. Est-ce qu’il faut donner notre sang? Oui. Est-ce qu’il faut lutter contre l’Islam radical? Oui. Est-ce qu’il faut aider ceux qui sont dans la souffrance? Oui. Aider ceux qui fuient les terreurs quotidiennes qui pour nous deviennent plus courantes mais ne sont pas encore quotidiennes? Oui. J’espère que la France ne va pas devenir un pays où il est de plus en plus difficile de vivre en paix, de vivre heureux, de vivre sans avoir peur constamment, malheureusement ça a déjà commencé. Mais même si cela le devient, ne fuyons pas. Restons. Continuons à vivre et à être nous mêmes. Peut-être pouvons-nous devenir un peu moins égoïste et penser plus aux autres et à notre communauté. On ne peut pas juste essayer de régler le problème du terrorisme ou plutôt laisser nos dirigeants trouver des solutions, nous avons aussi besoin de pleurer et en particulier de pleurer avec ceux qui sont dans la souffrance en ce moment.

L’autre chose que nous apprenons des larmes de Jésus c’est sa colère. Est-ce que vous aviez remarqué que ce passage de la Bible évoquait la colère de Jésus? Non? C’est normal la traduction ici que ce soit en anglais (deeply troubled) ou en français (frémit dans son esprit pour la Segond et profondément indigné dans la Semeur et c’est ce qui se rapproche le plus du sens originel), en Grec, ce mot signifie trembler de rage ou de colère, mais les traducteurs n’ont probablement pas osé utilisé ce mot colère ou rage. Pourtant quand Jésus voit Marie et ses amis pleurer c’est de la colère qu’il éprouve et au verset 38, lorsqu’il se rend au tombeau à nouveau, il est écrit « Jésus frémissant en lui-même » et dans la Semeur « Jésus fut profondément bouleversé » mais le mot en grec encore une fois est bien plus fort, il signifie pousser un grognement comme un animal, gémir, mugir ou même beugler. Bon on imagine mal une traduction où il serait écrit Jésus beugla ou mugit mais c’est le sens ici. Il crie, il gémit de colère et de tristesse à la mort de Lazare et à la douleur de sa famille et de ses amis. Pourquoi ce détail est-il si important pour nous? Tout d’abord Jésus est en état de choc, puis il pleure, il gémit et il crie de douleur et de colère. Est-ce que vous êtes en colère aujourd’hui? Est-ce que vous étiez en colère quand vous avez entendu ce qui s’est passé et comment ça s’est passé à Nice. C’était la même chose le 11 Septembre 2001, ou à Toulouse, à Paris, à Bruxelles, à Orlando, en Turquie, en Afghanistan, au Nigéria et je ne peux pas citer toutes les atrocités de ces quinze dernières années. Oui, il y a de la colère. Pourquoi? Pourquoi tant de haine? Pourquoi tant d’horreur au nom de Dieu, d’une idéologie ou d’une religion. Pourquoi? Nous n’avons pas connu les camps de concentration qui sont probablement l’emblème de l’horreur absolue. Pourquoi? Comment peut-on en arriver là? Cela semble tellement inhumain. Oui la colère est légitime. Et que fait Jésus de sa colère? Ou plutôt que ne fait-il pas? Il y a deux choses qu’il ne fait pas : il ne fait pas comme les amis de Job. Il n’essaie pas de trouver une raison, une justification pour ce qui s’est passé. Il n’accuse personne comme les amis de Job qui lui disent que forcément il a dû pêcher contre Dieu et ce qui lui arrive n’est qu’une juste punition de Dieu. Non, Dieu n’a pas puni les Etats-Unis par l’intermédiaire d’Al Quaida le 11 Septembre 2001, il n’a pas non plus puni Charlie Hebdo ou la France par l’intermédiaire de l’Etat Islamique, il n’a pas non plus puni la communauté homosexuelle à Orlando. Non ceux qui disent que ces choses nous arrivent parce que Dieu nous juge pour nos péchés se trompent. Est-ce que Jésus est en colère contre Marthe et Marie ou leurs amis? Est-ce qu’il est en colère contre Lazare? Est-ce qu’il est en colère contre les victimes? Non. L’autre chose qui est frappante c’est quand il parle à Marthe. Il lui dit quelque chose d’assez incroyable : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui place toute sa confiance en moi vivra, même s’il meurt. » Une fois de plus Jésus annonce qu’il est Dieu, l’auteur de la vie. Remarquez, il n’est pas en colère contre les victimes, mais il n’est pas non plus en colère contre lui-même ou contre son Père. La raison pour laquelle tout cela est important c’est qu’il ne rejette la faute sur personne et quand nous sommes confrontés à une catastrophe ou à une tragédie comme celle de Nice, on essaie tous de comprendre, on essaie tous et les politiques en premier de trouver des responsables, des boucs émissaires que ce soit la religion, la politique de gauche ou la politique de droite…  et les religieux font la même chose, à l’époque des attentats du 11 Septembre on entendait certains pasteurs dire que Dieu punissait l’Amérique pour ses péchés, pour la pornographie et l’homosexualité, évidemment ces arguments sont ressortis après l’attentat d’Orlando dans une boîte gay. Alors en France on n’entend pas cela aussi souvent même si dans certains milieux évangéliques et souvent charismatiques on aime bien trouver une raison, et d’ailleurs à l’époque de Charlie Hebdo j’ai entendu certains commentaires choquants, ou quand le SIDA a démarré j’ai aussi entendu certains évangéliques dire que c’était la punition de Dieu. Mais est-ce que Jésus fait cela? Non. D’ailleurs Jésus lui-même a été rejeté, il a eu une vie misérable, pourtant il était le fils bien aimé de Dieu. Dans Romains 1 on voit au contraire que Dieu laisse certaines personnes s’égarer et avoir une bonne vie selon leurs désirs et dans Luc 13 quand on demande à Jésus si les galiléens massacrés par Pilate avait été punis par Dieu parce qu’ils étaient de pires pécheurs, Jésus leur dit que non, pas plus que ceux qui sont morts lorsque la tour de Siloé s’est effondrée. Et tout de suite après vous savez ce qu’il leur dit? « Vous par contre si vous ne changez pas, si vous ne vous repentez pas vous périrez. » C’est comme si la question l’irritait.

Vous voulez savoir si Dieu est content de vous? S’il est satisfait de votre vie? C’est facile. Lisez la Bible et vous savez ce que la Bible dit, aime Dieu et aime ton prochain, si vous faites cela Dieu est content de vous et si vous ne le faites pas il est en colère. Ca paraît simple, et même simpliste, et pourtant c’est la vérité. Vous ne pouvez pas vous dire, j’ai perdu mon travail ça veut dire que Dieu est en colère avec moi, ou bien j’ai eu un accident de voiture Il doit m’en vouloir pour une raison ou une autre ou bien je suis gravement malade c’est certainement qu’il me punit pour tel péché. C’est pas comme cela que ça marche. Jésus a souffert jusqu’à la croix. Est-ce qu’il le méritait? Et quand nous souffrons, nous sommes comme lui. Non ,Dieu ne nous punit pas. Il ne punit pas les victimes. Ca c’est un mensonge. L’autre mensonge qui est beaucoup plus subtil, c’est nous, nous l’occident, ou nous la civilisation chrétienne, nous représentons le bien, tout ce qu’il y a de bon et eux (sous entendu les arabes ou les musulmans ou même les islamistes) représentent le Mal absolu. Oui, ce qui s’est passé est mal, est horrible, est détestable et justice doit être rendue. Mais le danger, le poison, c’est quand j’exclus une partie de la population de la communauté des êtres humains; et quand je m’exclus moi de la communauté des pécheurs. Quand j’oublie que mon ennemi n’est pas un monstre mais un être humain. Quand j’oublie que je ne suis pas un modèle de perfection mais bien un pécheur aux nombreuses fautes.

Jésus ne se met pas en colère contre Dieu mais il ne se met pas non plus en colère contre une partie de la population, contre les arabes par exemple, il ne les diabolise pas. Vous savez contre quoi il est en colère? Il est en colère contre la mort, contre le tombeau. Et voilà ce que Jésus dit, il dit je vais transformer cette mort en une résurrection. Je vais faire sortir de cela quelque chose d’encore plus beau. C’est ça l’évangile. De la croix vient la résurrection, de la faiblesse vient la véritable force. De la repentance vient la vraie puissance. De la générosité et du don de soi vient la vraie richesse. C’est ça l’évangile. De cette mort et de ces morts peuvent venir la résurrection et la vie. Et si la France devenait meilleure, plus altruiste, plus unie au lieu d’être divisée et si nous nous devenions meilleurs. C’est le moment de devenir plus humble, de reconnaître individuellement que nous avons besoin de changer, besoin de nous repentir.

Vous voyez, si nous n’arrivons pas à gérer notre colère au mieux et à la transformer en quelque chose de bon et même de meilleur, elle va empirer, elle va se changer en amertume, ou pire, en haine de l’ennemi ou même en rejet de Dieu : « comment un Dieu d’amour peut laisser faire cela? » Mais ce n’est pas Dieu qui a fait cela. Ce sont les hommes. C’est notre péché. Ou alors nous pouvons laisser la mort se transformer en une nouvelle vie. Faisons comme Jésus et soyons en colère contre la mort, il ne s’agit pas d’enfouir notre colère, de la recouvrir d’un vernis bien luisant. Non, devenons lumière pour les autres, la lumière que la mort a éteinte momentanément.

Vous vous dites peut-être, wow c’est pas facile ce qu’il me demande de faire. D’abord je dois rester ouvert, ne pas me refermer sur moi-même et entrer dans la douleur, la compassion et pleurer avec ceux qui pleurent, ensuite je dois faire attention à ne pas laisser ma colère se transformer en haine de l’autre, ou en colère contre Dieu. Mais comment est-ce que je peux y arriver ? Jésus, comme souvent, nous montre le chemin. Nous avons besoin de la vérité. Pas seulement des larmes et de la colère mais aussi de la vérité. Quand il dit à Marthe « je suis la résurrection et la vie. » Est-ce que vous y croyez ? Est-ce que vous croyez que c’est la vérité ou est-ce que ce ne sont que des paroles ? Oui, nous pouvons faire de la France un pays meilleur, plus uni, moins égoïste, plus altruiste, mais tout cela n’est qu’une petite lueur d’espoir, on aimerait que notre pays évolue dans la bonne direction, on espère que le pays ne va pas devenir encore plus raciste et se diriger vers les extrêmes. Mais nous avons besoin d’une espérance, pas juste d’un espoir. Vous voyez la différence ? L’espérance chrétienne c’est une assurance, dans tous les sens du terme. C’est une réalité, une vérité, pas simplement un vague espoir. Est-ce que vous croyez? Est-ce que tu crois que je suis le Fils de Dieu? C’est ce que Jésus demande à Marthe. « Est ce que tu crois que je suis le créateur descendu sur terre pour te sauver? » La raison pour laquelle Jésus lui demande si elle croit à cela c’est que si elle n’y croit pas, si vous n’y croyez pas vous n’avez pas accès à cette chose extraordinaire dont Jésus parle, cette vie éternelle « tout homme qui vit et croit en moi ne mourra jamais. » Marthe lui répond qu’elle croit. On a souvent une mauvaise impression de Marthe par rapport à Marie qui s’asseyait aux pieds de Jésus pour l’écouter pendant que Marthe s’affairait pour le servir. Mais Marthe est une des rares personnes dans les évangiles à dire à Jésus « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui devait venir dans le monde. » En d’autres termes le Messie annoncé et tant attendu, le sauveur du monde. Oui, Marthe croit. Et vous? Et toi? Est-ce que tu crois? Jésus n’offre pas seulement du réconfort, de la consolation, non il offre une résurrection.

Comment ça il n’offre pas de consolation? Eh bien Jésus ne nous dit pas si tu me fais confiance je t’enlèverai toute cette souffrance. Ce qui s’est passé le 14 juillet à Nice ne va pas disparaître, on ne va pas l’oublier de si tôt. Jésus ne nous dit pas un jour je vous enlèverai de toute cette souffrance, toute cette horreur et je vous emmènerai avec moi dans un paradis où votre âme vivra éternellement. Voilà pourquoi il n’offre pas simplement du réconfort, mais la résurrection. Voilà ce qu’il nous dit : « je ne suis pas venu sur terre pour vous emmener dans les cieux, mais je suis venu sur terre pour faire descendre la puissance des cieux pour créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre et pour restaurer toute chose, tout ce qui a été perdu ou brisé et pour que ce soit mille fois mieux. Toutes les souffrances, toutes les horreurs, toutes les maladies, toutes les morts, toute la mort, tout cela va être restauré, réparé par la puissance de Dieu.

Ca m’arrive de faire ce cauchemar où ma femme ou un de mes enfants meurt, c’est assez horrible comme rêve j’imagine que ça vous est déjà arrivé. C’est horrible, et en même temps c’est génial (sauf évidemment si c’est vraiment ce que vous souhaitez mais dans ce cas là je vous encourage à prendre rendez-vous avec Prisca et Laurent), c’est génial parce que quand on se réveille on est tellement soulagé, on a envie de serrer sa femme ou ses enfants ou ses proches dans ses bras et leur dire je t’aime (si on ne l’a pas dit depuis longtemps ça peut pas faire de mal). C’est génial parce que quand on se réveille on comprend que ce n’était qu’un rêve, ce n’était pas la réalité. Tout ce que je viens de vivre n’était qu’un mauvais rêve, c’était un mensonge, ça ne s’est pas passé. C’est pas comme si je me réveille et on me dit ça va aller mieux, tiens tu peux avoir une nouvelle femme si tu veux à la place. Non, ce n’est pas ça. Rien de ce que j’ai rêvé n’était vrai, c’est le matin, l’aube d’un nouveau jour. Et vous savez ce que Jésus nous dit quand il nous dit qu’il est la résurrection, il ne nous dit pas je vais vous donner une autre terre, un paradis. Non, il nous dit, je vais faire en sorte que tout ce que vous avez vécu cette semaine ou par le passé, ne soit qu’un mauvais rêve. Je ne vais pas simplement vous consoler, tout cela va devenir mensonge, tout cela ne sera plus la réalité. Même les pires choses que nous avons vécues, les pires souffrances vont être incorporées dans sa gloire pour être transformées en quelque chose de magnifique, ce qui a été brisé en nous, et même ceux qui on été complètement brisés par la vie, par les hommes, par de mauvaises relations vont être restaurés et transformés en quelque chose de magnifique.

Dans les Frères Karamazov, Dostoievski retranscrit cette idée de façon très belle, voici ce qu’il écrit : « je suis convaincu, comme un enfant, que la souffrance disparaîtra, que la comédie révoltante des contradictions humaines s’évanouira comme un piteux mirage, comme la manifestation vile de l’impuissance mesquine ; qu’à la fin du drame, quand apparaîtra l’harmonie éternelle, une révélation se produira, précieuse au point d’attendrir tous les cœurs, de calmer toutes les indignations, de racheter tous les crimes et le sang versé ; de sorte qu’on pourra, non seulement pardonner, mais justifier tout ce qui s’est passé sur la terre. »

Vous voyez l’idée, ce n’est pas juste une consolation, tout ce qui est mal sur cette terre, tout ce qui est horrible et qui nous désole va disparaître un jour, va devenir comme un mauvais rêve qui ne s’est pas réellement passé. Un jour, nous nous réveillerons pour une nouvelle aube, un nouveau jour où tous ces malheurs, toutes ces souffrances seront rachetés, métamorphosés en quelque chose de magnifique. Est-ce que vous y croyez ? Est-ce que vous y croyez ? Si Jésus est bien le fils  incarné de Dieu, descendu sur terre et qu’il est mort sur la croix pour pardonner nos péchés comme nous l’avons entendu mille fois, pour détruire le mal, pour vaincre la mort car c’est ça l’idée s’il est réellement ressuscité, s’il est vraiment vivant c’est que Dieu a vaincu la mort et l’a détruite sans nous détruire nous. Si vous croyez à  l’évangile, à la Bonne Nouvelle alors vous devez croire cela. Est-ce que vous croyez à ce que les évangiles nous disent? Vous croyez en la Bonne Nouvelle? Peut-être que vous croyez en Dieu, peut-être que vous croyez que Jésus est le fils de Dieu et qu’il est mort et ressuscité pour vos péchés. Si vous croyez à la Bonne Nouvelle, vous croyez cela. Mais peut-être que vous ne comprenez pas exactement ce que cela veut dire, les conséquences de cette vérité. Peut-être que vous n’avez pas complètement saisi cette vérité ou alors cette vérité n’est pas activée en vous, elle dort quelque part en vous. Et ce matin mon but c’est de réveiller cette vérité qui sommeille en vous pour que dans ces temps de malheurs, ces temps de souffrance vous puissiez vivre pleinement cette vérité. Vous vous souvenez de ce que Jésus dit dans Jean 10:10 « je suis venu pour que vous ayez la vie, la vie en abondance. » To the full. à ras bord, oui la vie à ras bord pas la vie à moitié pleine ou à moitié vide. Non la vie à ras bord, la vie qui déborde. C’est pour cela que Jésus est venu sur terre et qu’il a souffert ce qu’il a souffert. Est-ce que votre coeur a jamais tressailli à cette pensée ? Est-ce que vous avez déjà pleuré en vous rendant compte de ce que cela voulait dire.

Si par contre vous êtes ici ce matin et vous ne croyez pas encore, c’est le moment de croire, c’est le moment d’être sauvé. Hosanna ! Le Seigneur sauve encore aujourd’hui. C’est le moment de chercher réellement et de trouver. « Si vous me cherchez de tout votre coeur, vous me trouverez. » Jérémie 29:13. Jésus nous dit que si nous ne croyons pas en lui, tout cela, cette vie en abondance, cette éternité en sa présence, tout cela n’est qu’une chimère, ce n’est qu’un rêve, pas un mauvais rêve cette fois-ci mais un rêve qui ne deviendra pas réalité. S’il y a un Dieu là haut qui n’est jamais devenu humain et n’est jamais venu sur cette terre mais vous vous dites que si vous êtes assez bon, si votre vie est assez bonne peut-être qu’un jour vous arriverez à l’atteindre et à aller au ciel. Ca ne marche pas du tout, ce n’est pas du tout cela la foi chrétienne, la foi en Jésus-Christ. Par contre si vous croyez en un Dieu qui était prêt à descendre sur terre pour mourir dans le but de ressusciter le monde entier, un Dieu qui entre dans vos vies vous croyez, et c’est ça l’évangile, c’est ça la Bonne Nouvelle. Est-ce que vous croyez en un tel Dieu? Moi j’y crois.

C.S. Lewis écrit que si nous le laissons faire, Dieu va faire du plus faible d’entre nous, du plus moche, du plus brisé, une créature éblouissante, magnifique, radieuse et éternelle, pleine de vie, de joie, de sagesse et d’amour à un point que nous ne pouvons pas imaginer. Oui je parle de vous, de chacun d’entre vous. Non nous ne le méritons pas. Non nous ne sommes pas assez bien pour lui, mais c’est pour cela qu’il est venu en chair et en os. Arrêtez de vous dire que vous n’êtes pas assez bien pour lui. Si vous connaissiez tous mes péchés, les plus secrets, vous vous diriez peut-être, ah oui finalement si Dieu peut aimer Daniel et le racheter et le transformer pourquoi pas moi? Alors vous croyez que Dieu peut faire de vous des créatures magnifiques qui reflètent sa lumière sa gloire sa beauté et son amour? Vous y croyez? Marthe tu y crois? Alors dans ce cas tu peux tout affronter, tu ne crois pas? Tu peux affronter la plus horrible des tragédies, la plus horrible des réalités de ce monde, la pire des souffrances. Tu peux l’affronter.

Vous savez même les meilleures choses sur cette terre, et il y en a, il y en a beaucoup, surtout quand on a la chance d’habiter en Bretagne ou d’avoir des relations magnifiques avec nos parents, nos conjoints, nos enfants, nos amis… eh bien même ces choses extraordinairement bonnes, ne sont rien par rapport à ce que nous allons vivre plus tard. Mais on a tendance à oublier cela dans les moments difficiles, et dans les moments faciles on n’a pas besoin d’y penser. Pourtant c’est la vérité.

Comment être sûr que ça va vraiment se passer comme cela, vous vous posez peut-être cette question? Vous vous dites peut-être j’aimerais bien y croire mais comment être sûr que tout cela est vrai? Il y a encore une chose que Jésus fait dans notre histoire et que nous devons prendre en compte. Les larmes, la vérité, la colère et à la fin, vous avez remarqué la dernière phrase de notre histoire? Verset 53 « C’est ce jour-là que les pharisiens prirent la décision de faire mourir Jésus. » Maintenant qu’il a fait cela. Maintenant qu’il a ressuscité un mort. Il faut qu’il disparaisse au plus vite. Jusqu’à présent Jésus embêtait les chefs religieux, mais là c’est trop il doit mourir. Vous ne pensez pas que Jésus savait ce qui allait lui arriver ? Evidemment qu’il savait mais il savait aussi que le seul moyen d’interrompre les funérailles de Lazare c’était de provoquer les siennes. Le seul moyen de faire sortir Lazare du tombeau c’était d’y aller lui-même. Le seul moyen de faire revenir Lazare à la vie c’était de perdre la sienne. Oui, il le savait. Mais il a quand même fait le choix, il a décidé d’accepter de mourir injustement sur la croix, lui le juste pour des injustes, nous. Toi. Moi. C’est cela l’évangile, c’est cela la Bonne Nouvelle. C’est pas beau? Notre Dieu veut tellement mettre fin à la souffrance et à la mort qu’il a été prêt à entrer dans ce monde, souffrir lui-même et mourir lui-même pour qu’un jour toute souffrance, toute mort prenne fin. Ce jour n’est pas encore venu, mais comme le dit la Bible, ce jour vient bientôt, même si bientôt nous ne savons pas exactement ce que cela veut dire puisque le temps de Dieu n’est pas notre temps. A chaque événement comme celui de Nice on entend parler de ces innocents qui ont perdu leur vie. Eh bien dans toute l’histoire des religions, seul le christianisme nous parle d’un Dieu qui a perdu son fils dans une attaque injuste, un Dieu qui a souffert. Certains se disent : Dieu n’en a rien à faire de moi, il n’en a rien à faire de ma souffrance. Ce n’est pas vrai. La preuve qu’il en a quelque chose à faire c’est qu’il était prêt à souffrir lui-même, il n’était pas obligé, mais il l’a fait, il a pris la souffrance de chacun sur lui, pour qu’un jour il n’y ait plus de souffrance. Il nous aime, nous n’avons pas un Dieu lointain. Nous avons un Dieu tout près de nous. Un dieu proche qui nous aime et nous accompagne à chaque instant.

Marthe et Marie sont un bon exemple pour nous. Elles sont soeurs. Elles croient toutes les deux et pourtant Jésus n’agit pas avec elle de la même manière et il ne leur parle pas de la même manière. Pourquoi ? Parce qu’il est le parfait consolateur. Pourquoi ? Parce qu’il nous aime individuellement. Chacun. Oui chacun d’entre nous, nous sommes aimés de Dieu, personnellement, individuellement. Avec Marthe il parle, il lui rappelle la vérité, il la reprend, il la gronde presque, avec Marie il ne dit rien, il pleure avec elle. Nous les hommes nous ne savons pas toujours trouver les bons mots pour consoler, nous ne savons pas toujours quelle attitude adopter. Mais Jésus est le parfait consolateur, si vous avez besoin d’entendre la vérité il vous dira la vérité, si vous avez besoin qu’on pleure avec vous, il pleurera avec vous. Il vous donnera ce dont vous avez besoin, quand vous en avez besoin, et dans la quantité exacte dont vous en avez besoin. C’est pourquoi il faut se tourner vers lui, il faut aller à lui. Il a déjà fait le premier pas. Il est déjà venu vers nous. A nous aussi d’aller vers lui pour recevoir son pardon, pour recevoir son amour, pour recevoir sa consolation dans des jours comme nous vivons en ce moment. Oui, nous avons besoin de ses larmes. Nous avons besoin de sa vérité, de sa colère mais plus que toute autre chose nous avons besoin de sa grâce.

Advertisements

About danielhszabo

I guess if I continue like this I'll be able to call myself a writer. For now I'm just an English literature and translation teacher in beautiful Brittany.
This entry was posted in Uncategorized. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s